Panama

Jean en Amérique Latine

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Margarita

 C’est l’heure moite, je reste dans ma chambre, protégé par les rugissements de la clime qui carbure à fond. Je monte les quelques photos du jour. Je trouve que je suis encore loin des gens. J’ose pas y aller, même si j‘avance doucement.
J’ai les crocs, je vais déjeuner, au restaurant de l’hôtel. Je m’assieds au bout du comptoir. Une blonde y mange une soupe. Elle me mate, on échange des sourires. Elle a des yeux bleus très clairs, lumineux. Je continue mon plat. Elle y va carrément et m’aborde. Elle s’appelle Margarita. On parle à peine une minute, qu’elle propose de monter à la chambre avec des bières.
On boit sur le lit en discutant – c’est beaucoup dire – mais pas désagréable. Ensuite elle me fait le coup du « y fait chaud » en enlevant son tee-shirt ». Je la regarde ironique – « porque me miras asi ? » - je sais très bien ce qu’elle veut, et je la laisse venir. Au bout d’un moment, elle prend un petit air tracassé, et m’annonce qu’elle a un problème : il lui manque 80 $ pour payer son loyer – je pouffe – Je lui dit que je n’ai pas l’habitude de payer pour du sexe, que 80 c’est beaucoup. On reprend nos minauderies, le temps passe agréablement. Elle a envie de fumer, je l’envoie chercher des bière et des clopes (3 $ le paquet ici, c’est énorme, heureusement que je ne fume plus) Je tire une taffe : beurk, cela me conforte – cela fait trois jour que j’ai pas fumé, au début j’étais dans l’avion et j’avais un patch, mais depuis ni l’un ni l’autre, et j’ai toujours pas envie – Cool !
Nous reprenons nos minauderies, quelques petites caresses, un peu de douceur, mais rien de plus. De temps en temps elle fait une nouvelle proposition : 40, 20, mais c’est toujours non, « no sexo por dinero », le temps passe.
Margarita
Le téléphone de la chambre sonne, c’est la réception : mon sac est arrivé. Faut que j’aille le chercher tout de suite, je dois signer un papier au porteur. La laisser seule dans la chambre - j’hésite un instant, nous échangeons un drôle de regard. Puis je me dis qu’il y a rien de volable – L’ordi et le matos ne le sont pas, ce qui l’intéresserait c’est du liquide – il est sur moi. Je reviens avec le sac, elle est toujours à la même place  – cela ne veut rien dire, mais rien n’a bougé. Nous reprenons notre petit jeu, qui commence à avoir assez duré, elle en est à 5 $, je ne vois pas l’intérêt de continuer plus longtemps. Elle est contente, et finit par partir en me laissant son numéro