Panama

Jean en Amérique Latine

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l'attaque des limaces

 Hier j’ai pris des risques inconsidérés : j’ai lu dans le lonely planete, qu’il y a une pyramide en adobe datant des années 200-700 en plein cœur de Lima : la Huacha Pucllana, soit le temple des adorateurs de la mer.
Lima
Bon j’ai des excuses, c’était dimanche, et les dimanches ici comme à Paris, c’est mou du genou. Je pensais pouvoir y faire quelques panos de ruines au cœur de la ville. Donc je me dirige vers la calle General Borgoño, c’est à Miraflores, je paye les 7 soles (moins de 2 euros) de droit d’entrée, et là, le piège se referme sur moi : la visite est obligatoirement guidée, je n’ai qu’un choix, la langue du guide. Un petit tour d’horizon : soit des locaux un peu vieux, soit des touristes de type américain, de sexe mâle ou indéterminé - pas de jolie fille - j’opte donc pour l’anglais, un peu par flemme – j’étais motivé. Le guide arrive, c’est une fille, la visite peut commencer. Elle nous entraîne sur le chemin balisé au cœur du site et récite son texte, que nous écoutons tous en cercle, captivés. Le groupe se compose, d’un couple américain genre instituteur, accompagné de leur fille, grande adolescente un peu sèche mais pas dénuée de charme, d’une paire de japonaises presque mures, mais avec matos photo pro, d’un groupe de trois étudiants qui parlaient bronzage à mon arrivée, d’une femme seule, genre randonneuse trapue, et moi, qui ai vite retrouvé ma posture adolescente de cancre du fond de la classe.
Lima
La visite est peut-être intéressante, mais la voix monotone du guide m’ennuie, de plus elle a le don de nous emmener dans des endroits peu photogéniques. Je traîne derrière le groupe en écoutant d’une oreille - the limas city was bilt in the year 200 - the limas were adoring the sea - the limas made women sacrifices ... Petit à petit mon esprit s’envole et j’imagine des limaces, adoratrices de la mer, pratiquant le sacrifice humain, mangeant des kouilles*, bâtisseuses de temples anti-sismiques. Le clou du spectacle fut quand elle nous montra une trace de pied de limace fossilisée dans la glaise. C’en fut trop et je m’éclipsais discrètement. Décidément les visites de ruines c’est pas mon truc

*Les kouilles sont les guinea pig, soit des cochons d’inde en langue limace.