Panama

Jean en Amérique Latine

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El verdadero amigo

 Le bus vient de partir, je suis contre la fenêtre, à ma gauche Balthazar, un petit vieux que m'a confié sa fille : il avait l'air tout chétif et fragile, je l'ai aidé à ranger son sac, elle m'a d'office confié sa garde. Puis sla fille est partie, le bus aussi.
Comme toujours dans ces pays, tout est prétexte à bizness, le bus s'arrête 500 mètre plus loin et fait monter des vendeurs ambulants, dans le lot, se faufile un mec qui ne vend pas de nourriture. Il se plante au milieu du passage et commence son baratin. C'est la cohue dans l'allée, les vendeurs veulent aller au fond, en mettant leurs baluchons au-dessus de leurs têtes, tandis que "l'ayudante" (l'aide du chauffeur) met la vidéo en route, le son à fond, cela va de soit. Balthazar semble très attentif au discours du charlatan qui parle fort pour couvrir le brouhaha ambiant. j'imagine qu'il vend une soupe religieuse et l'écoute distraitement : il invoque les génies de l'histoire, les grands moments de la vie, puis sort deux livres de sa besace, amigoet les brandissant devant lui, il les présente au public. L'un est intitulé, "Como ganar amigos", comment se faire des amis. - Décidément l'amitié me colle aux basques, du coup je tends l'oreille : "En la vida lo mas importante es tener amigos, verdadero amigo. ¿ Como se reconece el verdadero amigo ? En el moment de agonia ... »* Continuant son discours visiblement bien rodé, il s’adresse à son public plus captif que captivé : « Je vais vous les distribuer pour que vous puissiez en apprécier la qualité, regardez les bien, ils sont entièrement en couleur et illustrés, pour qu'il soit plus faciles à lire, car un livre en noir et blanc sans image, ça fatigue et comme on ne le finit pas, à quoi sert-il ? » - argument imparable - puis arrivent les aspects financiers de l'affaire : il les vend 3 soles l'un et 5 les deux, c'est à dire au prix coûtant, c'est donc un cadeau qu'il nous fait, mais c'est pour diffuser du bonheur. Balthazar et moi en prenons un exemplaire. « Et pour ceux qui prétendent ne pas avoir la monnaie, je l'ai, sur 10, sur 20 et même sur 100, je prends aussi les dollars et les euros. Balthazar, le feuillette attentivement, mais ne le prend pas, tandis que je ne peux résister. Les deux livres sont des recueilles de citations assez éclectiques allant de Boudha à Kafka en passant par une pub Nike, mais en espagnol.

 

 


Amigo
Pendant ce temps le bus a tracé sa route, nous traversons maintenant un paysage montagneux et désertique, la route n'est plus qu'une piste en terre accrochée aux flancs des montagnes. Le bus est de pein a craquer. Ils y a quelques touristes, je n'en avais jamais autant vu d'un coups. Je suis assis au dessus de la roue arrière et dans certains virages, le visage collé contre la vitre, je ne vois que le précipice. Dans un virage plus serré que les autres, le chauffeur colle le nez du bus contre la falaise, pour que la roue arrière reste à l'intérieur de la voie, mais celle ci est ravinée, et quand la roue entre dans la ravine je sens le bus pencher vers le vide. Tout mon corps se crispe, et je ne peux retenir un petit rugissement. Balthazar hilare, me propose de changer de plance, je refuse gentillemnt : j'aime ça. Il rigole. Il n'est plus le petit vieux chétif que m'a confié sa fille ce matin, il est rigolard, bavard, et brancheur : quand il voit sur le bord de la route une jeune indienne, il se penche vers la fenêtre en me faisant un sourire complice et coquin. La vie nous enferme, parfois dans des rôles qui nous sont étrangers...<
Bus
Vers la moitié du trajet avons faisons une pause, Je me retrouve dans une situation déjà vécue, des gamins nous regardent, je les prends en photos, déclanchant leur hystérie, mais Pérou oblige, ils sont beaucoup moins nombreux et plus calmes que les petits Malgaches.
Bus stop
Le reste du trajet est chaque kilomètre plus pénible et épuisant, mais sans autre intéret, qu'une réflexion sur le sens d'une phrase écrit au dessus du par brise, disant, je vous la livre telle quelle : "El mundo crea la peor mentira", qui ce traduit mot à mot par "le monde invente le pire des mensonges", et là, je vous le demande c'est quoi ce mensonge ? La foi, l'amour , la technologie, l'amitié, ou les bus... et c'est quoi le message ? Je dois dire qu'en 4 heures je n'est pas réussie à trouver la réponse.
Bus

Donc à vous de travailler un peu, et envoyez vos réponses à Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.