Panama

Jean en Amérique Latine

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docucu du dimanche soir

 Les dimanches c’est partout la même merde : Mou, triste, voire pluvieux. Il doit bien exister un pays où les dimanches sont joyeux. Ça doit être ça leur fameux grand soir : un dimanche sans le film du dimanche soir. En tout cas c’est pas ici à Ayacucho, Pérou. Au programme un documentaire sur l’histoire du pays.
Ayacucho ne devait être qu’une étape vers Cuzco et son Machu-Pichu, dont je ne cesse de vous rabattre les oreilles. Car s’enquiller plus de trente heures de bus sur des pistes cahoteuses et sinueuses n’était pas concevable, alors j’ai fait une petite halte ici. Mais l’endroit étant cool, et les gens plus encore, je m’y suis un peu éternisé - n’exagérons pas tout de même. La devise de mon voyage étant (c’est nouveau) : prendre le temps d’en perdre, je me dois de flâner, d’autant plus que j’y ai fait de bonnes rencontres : Le lendemain de mon arrivée, je suis sortis dans – vous ne devinerez jamais - un bar (y’en a qu’un c’est plus simple) et en moins de deux, je sympathise avec toute la bande. Le lendemain, je leur ai envoyé un pano fait la veille au bar, et du coup je suis devenu guest star - le coup de la photo, ça marche à chaque fois.
andes
J'ai aussi rencontré deux filles chez qui je dois aller faire des photos. Ensuite Émilie, la copine du barman, qui est française et travaille pour une ONG : FINCA Peru (qui fait du micro-crédit pour les artisans), va me brancher avec ses artisans pour des photos. Mais suffit le travail, je suis aussi en vacance que diable ! Jj'ai aussi rencontré un Suisse, qui dormait sur la place ce matin à coté de sa cannette de cuzqueña (j’ai zappé la photo, dommage elle rentrait à merveille dans ma série : « Y a-t’il une vie avant la mort ? ») avec qui je vais faire la fête lundi (je lui laisse les trottoirs, moi je prends le plumar). En gros, mon agenda est plein jusqu’à mercredi, date, je l’espère, de mon départ pour Cuzco.
Ici ils ont trouvé un truc pour tuer les dimanches : ils défilent. Défilés militaires ou processions de vierge, et même pour varier les plaisirs, ils mélangent les genres, jeunes filles au pas de l’oie, vierge au son d’une fanfare militaire : vierges en rangs, cierges à cran.
Andes
Parfois ils défilent pour la parade, mais pour une cause : Ils manifestent eux aussi, mais la chose n'a évidement pas le même style que celui de nos étudiants enragés et autres syndicalistes hargneux. Ici cela se fait dans l'orde et le calme : tout le monde en file indienne (facile, mais peut-être que cela vien de là), donc trois files bien alignées , devant les métisses avec des pancartes et criant pas trop fort des slogans, derrière, silencieux, les indien(ne)s, encadrés par des gars avec des fanions. Le tout a fait le tour de la place en s'arrêtant aux feux, pour laisser passer les voitures, puis s'en est aller faire un standing devant les bureaux "del Goberno regional". Ils réclamaient que soient tenus les promesses faites aux Waris. El Goberno leur a vite demandé de partir, tout ceci, même bien rangé, fait désordre. Ils se sont exécutés dans le calme, renoçant par dépit à l'ordre. C'est à ce momment que j'ai saisi cette image, qui me plait beaucoup : la révolution s'apprend au berceau.
manif
Mais tout ça nous ne mène pas jusqu’au soir, alors pour vous occuper je vais vous faire un petit cours d’histoire géographie: Ayacucho, est une sorte d’épicentre et de concentré de l’histoire du Pérou :
- C’est, de part le site de Vilcashuaman (faucon sacré), le centre de l’empire Inca, au croisement des routes nord-sud et est-ouest étaient quatre temples, malheureusement pillés par les conquistadors, qui en ont même pris les pierres pour en faire leurs églises, histoire de bien affirmer leur victoire ainsi que celle de leur dieu - donc rien à voir à part des églises.
- Ensuite c’est à coté d’Ayacucho, qu’eut lieu le 9 décembre 1924, la victoire définitive des insurgés sur l’armée royaliste Espagnol qui signa sa capitulation et l’indépendance du Pérou dans le village de Quinua, connu sous le nom de traité du Quinua (rien avoir avec moi) et commémoré par un grand obélisque blanc – sans grand intérêt non plus.
- Mais encore c’est d’ici que Manuel Rubén Abimael Guzmán Reynoso, alias le Président Gonzalo et ancien professeur de philosophie à l'université d'Ayacucho, a lancé en mai 1980, sa « guerre populaire prolongée » contre l‘état, au nom du « sentier lumineux ». Douze années de terreur, de meurtres et d’enlèvements, de la part des deux belligérants, qui se sont soldées par la mort de plus de plus de 26000 personnes et l’arrestation de Guzmán ce qui signa la fin du mouvement. Mais là encore l’obscurité est totale, rien à voir – décidément !!!

Et pour finir sur une note plus légère, une photo d'un hôtel où je n'ai pas voulu aller, pas seulement pour des raisons pécunières.
condeduque