Panama

Jean en Amérique Latine

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Miami

 Les Etats-Unis, je m’en serais bien passé, mais je suis obligé d’y aller. J’y vais donc à reculons avec pour seule consolation : le WWB - le World Wide Bituroscope. J’y fais mes devoirs, qui s’avèrent être plus galère que plaisir, et j’accroche un nouveau bar à mon bituroscope. Comme une étoile sur le plastron d’un troufion. Le Clevelander, sur Ocean Drive à Miami Beach. ça sonne ! mais c’est tout.
The Clevelander
Mission accomplie. Je vais enfin pouvoir commencer mon voyage, reste plus qu’à sortir d’ici.

Je suis à l’aéroport, avec une heure d’avance sur les trois demandées, ça doit être l’impatience. Il ne me reste plus qu’à passer les contrôles de sécurité…
Une file d’une centaine de personnes zigzague dans un dédale de sangles. Au bout, affamés les scanners, que des vigiles hargneux nourrissent de nos affaires. Le troupeau avance lentement vers les monstres, qui rugissent  bippent et sonnent. Des femmes en uniformes crient des ordres : sortez vos passeports - Présentez vos cartes. Nous obéissons dociles, de peur de nous faire remarquer. D’autres femmes, un talkie collé à l’oreille, ouvrent des passages dans le dédale de cordes pour gérer le flot moutonnant. Enfin j’arrive face au monstre, sa bouche est béante, un de ses cerbères m’aboie d’y mettre mon sac, mais aussi, mes chaussures, ma veste, mon i-pod, mes lunettes, mon porte-feuilles, ma ceinture, etc - de ne garder que le minimum décent. Je m’exécute la tête basse. Le monstre avale mes affaires, mais il a un hoquet – trop d’électronique ! – Son cerbère rugit : « sortez l’ordinateur et repassez le ! » malheureusement il le dit en américain, et je reste un instant interloqué. - Trop longtemps - D’autorité il prend le sac, l’ouvre et exécute lui-même son ordre, tandis que je reste humblement devant lui, attendant la sentence.
Le Monstre sans hésiter recrache mon matos : indigeste – je ne suis pas un terroriste ! Je peux disposer. Et tandis que je m’en vais, un homme arrive, s’exclamant : « il me manque une carte de crédit ! » - je pouffe. Il accuse la machine de la lui avoir volé, et demande à voir le chef, ce à quoi le vigile s’exécute en criant : « supervisor ».
Le stress crée le stress, me dis-je en partant, je ne me demande, si c’est pas avec des comportement si brutaux que les américains ont attiré tant de haine. Puis une question me taraude : ont-ils déjà attrapé quelqu’un avec tout leurs techniques sécuritaire, en tout cas ils entretiennent la tension et c’est peut être ça qu’ils veulent.
En tout cas je suis passé, je m’en vais vers la salle d’embarquement, je suis soulagé, car je ne suis déjà plus tout à fait aux États-Unis.