Le Madazine des Madalascars

...Frank et jean en Lémurie

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Joffreville

 lemurienDes lémuriens plein les yeux, en bon Daktari de l'océan Indien, nos explorateurs vétus pour l'occasion de leur tenue de brousse, partent, à l’assaut de la montagne d’Ambre.
Vont-ils y croiser leurs sympathiques cousins endémiques ?
L'imprévu, c'est son rôle, n'est jamais là où on l'attend.
 Même si Joffreville sonne urbain, ce n’est plus que batisses coloniales en ruines, voir à l’abandon, entouré d’un village Malgache. Et la seule raison de leur venue, est la proximité du parc de la Montagne d’Ambre. Une "zungle" préservée dans laquelle vivent lémuriens, reptiles et autres animaux exotiques. Frank est un fan du lémurien pour son regard timide et ses looks tous très élaborés. Il est incollable sur le sujet et ne cesse d‘en révéler quelques particularités fondamentales : « le lémurien est le seul animal sans sphincters. » (Jean: cela reste à vérifier : à vos doigts)
Las d’être incessamment mis à contribution ( Jean : j’en ai marre d’être pris pour un pigeon, Frank accepte toujours tout sans négocier, alors je suis obligé de faire mon chieur (c‘est pas ma nature) et de constament discuter - Frank : tout ça pour queques centimes d‘euros - Jean : si je le laissais faire, son voyage lui couterait le double.), il décident de se passer des services des taxis 4x4 pour rejoindre, à pied, le parc à 4 km de là ( Frank : 4 km de côte ). Les visites s’arrêtent à 16 heures Ils arrivent en nage à 15h45 ( Frank : Tout ça pour economiser quelques Ariarys), et choisissent donc le petit circuit : 2 heures et 3 km aller (Jean : Encore !). Accompagnés de Rodin leur guide, Ils suivent une piste sillonnant la "zungle". (Jean : ce n'est qu'un enchevêtrement de plantes qu‘on trouve dans nos jardins et les pots de nos salons, rien de transcendant). Le guide leur explique les plantes, dont il connaît les noms latins (Jean : On s‘en fout.), mais aussi les animaux que nous aurions pu voir, si nous étions venus plus tôt (Frank : Le lémurien quitte à midi, ça fait pas 35 heures.). Tout en nous promenant de cascade en cascade, il nous raconte le cryptocarta féroce, seul lémurien prédateur de lémuriens, le Aye-aye de la famille des daubentonias qui a son majeur hypertrophié, pour mieux attraper des larves au fond de leurs trous.
 foret
 Au bout de la promenade, le guide les voyant un poil déçus, fouille dans l’humus au pied d’un arbre et en sort triomphalement le plus gros des animaux qu'ils auront vu : le Brooksia minima, le plus petit caméléon du monde.
 cameleon
 Nous nous extasions devant tant de beauté, un caméléon qui zappe du noir au blanc. (Jean : ça fait un peu ORTF ) Ça valait bien 7 km !?! Mais il fait déjà presque nuit, le guide nous dit qu’il est temps de retourner à l’entrée du parc, puis il ajoute qu’à cet heure ci, il n’y aura plus de taxi. Ça fait encore 7 km avant l’hôtel ( Frank : au total 14 km de marche - Jean : c’est bon pour ton embonpoint mon vieux. - Frank : Dis que je suis gros. - Jean : et vieux. - Frank : Je ne sais pas pourquoi je pars en vacances avec lui. - Jean : Moi je sais. - Frank : Tu veux avoir le dernier mot.)
Nous rentrons dans la nuit accompagné de Rodin, qui pour nous motiver, nous donne du kat à mâcher.
 De retour, fourbus, ils s’affalent avec une bière dans le salon kitch autant que désuet de l’hôtel. Benan, le patron, vient leur tenir la jambe (Jean : ça tombe bien j'en ai plein les pattes, un bon petit massasse me ferait le plus grand bien), et leur parle de son hôtel,qu’il a monté il y a un an « à Mada ce n’est pas le travail qui manque, mais les volontés », et qu’il gère humblement avec sa femme « y’a beaucoup de travail mais peu de touristes » (Jean : toujours la même rengaine (j‘ai eu le dernier mot.)).
 A 10 heures le patron coupe le groupe, non sans leurs avoir donné des bougies. Frank somnole sur son lit. Jean allume la bougie qui est sous la fenêtre. Il prépare ses affaires.
Tout à coup il sent une forte chaleur dans son dos. Il se retourne, le rideau est en feu. Les flammes l’ont entièrement avalé, des gouttes de feu en jaillissent, incendiant les draps eux aussi en nylon. Frank a bondit. Les flammes lèchent maintenant le plafond en bois. La chaleur est étouffante. Frank et Jean courent en tout sens, ne sachant quoi faire : lutter ou sauver leur matériel. Les vitres explosent, donnant le signal de la fuite.
Toute la batisse est maintenant rongée par les flammes. Ils sont devant le brasier, entouré de tout les villageois qui ont accouru. Dans la lumière rougeoyante, le patron effondré, pleure de rage, dans les bras de sa femme.
 Heureusement Jean qui avait besoin de sa trousse de toilette, s’est retourné à temps et a vu le rideau s’enflammer. Il l’a immédiatement éteint, déjouant ainsi une bien mauvaise chute pour ce voyage. (Frank : Il y a quasiment un an, voulant organiser un barbecue avec Jean, ma maison à brûlé et un peu de moi. Méfiez vous de lui, ce gars est dangereux. Et Là, c‘est mon dernier mot)
 joffreville
 

La petite leçon de malgache Monsieur Frank est annulée, le livre ayant servi à éteindre l’incendie.
Les cours reprendront normalement à la prochaine séance.
Mais pour vous faire patienter, voici un petit proverbe Malgache :

« Ny lalana no tsy asian-dratsy, mbola hivereranana. »
On ne doit pas déféquer sur le chemin par lequel on reviendra.

Le lémurien est plus farouche que le Malgache, vous le saviez déjà, et nul besoin de venir ici pour l'apprendre. Par contre, à défaut de voir des animaux extraordinnaires, nous nous acclimatons, d'autant plus facilement qu'ici, tout y est simple. les Malgaches sont du genre gentils et honnêtes (évidement pas tous) et pour simplifier encore la chose, ils parlent français. Enfin d'avoir survécu au grand incendie, nous donne des ailes : demain nous partons mettre le feu à  Nosy Bé.

A la semaine prochaine...