Le Madazine des Madalascars

...Frank et jean en Lémurie

  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille

Antananarivo

tana jeuneTout voyage commence forcément avec une sensation piquante au fondement, et chaque arrivée est l’occasion de le redécouvrir. Enfin ils sont arrivés ! Il est cinq heure du matin, ils sont sur le parvis de l’aéroport d’Antanarivo, un peu sonnés par les onze heures du vol, ils allument leurs premières cigarettes depuis plus de douze heures.
 Antananarivo aeroport
 Autant dire qu’elle était attendue cette clope, mais pas autant que d’être ici : depuis cinq mois qu’ils repoussent le départ, ils en veulent de l‘aventure. La température est douce, ils jouissent de ce moment de calme si prêt du but. Ils scrutent la nuit tentant d’y déceler les paysages de leurs rêves. Mais ce moment de paix est éphémère, surgissant de toutes parts, brandissant un papier blanc, au cri de « Taksy - Taksy » une dizaine d’hommes se ruent sur eux. Sans connaissances des us et des codes - « Taksy - Taksy » - pas plus que des tarifs, ils sont une proie facile. Un jeune malgache, plus rapide que les autres, prend d’autorité le sac de Frank qui, hagard ne réagit pas, puis un autre visiblement de mèche, celui de Jean tout aussi inerte. Ils sont contraint de suivre les ravisseurs. Arrive un autre porteur en uniforme, qui après conciliabule en malgache, prend un de nos sac au porteur et le pose tout de suite après dans le coffre du taxi. Alors commence le numéro bien rodé : chacun d’eux défile devant nos deux voyageurs réclamant son obole, puis d’un air moqueur, dit que le pourboire n’est pas suffisant et se fait donner ainsi 10 ou 100 fois le prix de la prestation.
La douleur est certes faible, quelques Ariarys, à savoir pas grand-chose, mais la sensation de s’être fait pigeonner est bien là.
N’être qu’un pigeon voyageur.
 D’entrée de jeux, ils ont rendez-vous avec Anne et Marie-Christine. Anne est la jumelle de Jean. Elle est aussi styliste et associée de Marie-Christine. Elles sont ici pour « relooker » la collection d’un fabricant de produits artisanaux. Ils les retrouvent dans les salons de l’hôtel Colbert où elles sont en pleine réunion de travail avec des graphistes malgaches, afin de faire leur catalogue. Ambiance coloniale et urbaine. Elles sont débordées. Ils conviennent de dîner ensemble le soir.
 Antananarivo gamin avec cerf volant
 Malgré l’agitation de quelques expatriés urbains, Tana est indolente. Elle semble être restée suspendue dans le temps. L’architecture coloniale défraîchie autant que la flotte de taxis, des 4L et des 2 Chevaux, jusqu’à la musique d’ambiance à Air Madagascar : l’interlude de l’ORTF (certains l’ont connu) y donne cette impression de Tana-chronisme. Mais le 21° siècle n’y est pas absent : comme à Paris, y pullulent les boutiques de téléphonie, mais ici, faites d’un parasol, une caisse de bois et un cellulaire pour y passer des appels Orange à l’unité.
 Ils visitent la haute-ville, le quartier résidentiel et touristique, autant que les bas quartiers.
 Tana au Sakamanga
 Arrive le dîner. Ils ont rendez vous à la Boussole, un des quelques restaurants fréquenté par la micro-société vazaha (prononcer vaza, le blanc, l'étranger en Malgache) de la capitale.
Anne et Marie-Christine, qui en sont à leurs quatrième séjour, leur dressent immédiatement un portrait désespérant de la vie ici : loin de tout, sans vie culturelle ni sociale, faite d’ennui et de galères, car aussi bonne enfant que soit le Malgache, la misère en fait parfois un rapineur.
Ils mangent de la cuisine franco-malgache, c’est-à-dire de la cuisine Française avec les ingrédients locaux : carpaccio de zébu au fromage de Tananarive, fois gras (local) aux crevettes…
S‘assoit prêt d’eux un couple mixte, un français et une malgache. Il a bien 45 ans et elle dans les vingt. Aussi tôt Marie Christine s’insurge : « je ne comprends pas les couples mixtes, que partagent-ils, qu’on ils à se dire ». (Frank: je connais plein de couples qui n'ont rien à se dire - Jean : Heureusement on a TF1 pour meubler les conversations et combler les silences. )  Les pieds dans le plats ! Car Mada est une grande destination du tourisme sexuel.
Elle nous cite ses commanditaires qui vivent avec des Malgaches. Elle a pu constaté, lors des dîners qu’elle a fait avec eux, le vide de leurs relations. Puis emporté dans sa diatribe, elle nous parle du « Glacié » un bar où toutes les filles y sont pour pécho du vaza, et où tout homme y est une proie.(Jean innocement : c'est où ? ) Les deux cousins essaient de modérer son jugement : les relations vénales ont toujours et partout existé, de plus, qui chasse qui ?
 Voilà un sujet intéressant pour nos deux cousins se doivent de creuser… ( Frank:une enquête en profondeur oh oui! - Jean: il va falloir payer de notre personne . C'est dur la vie ! )
 Tana marché jeunes
 Frank dans un souci louable d’intégration s’est acheté une méthode de langue : « le Malgache en 40 leçons ». Il le travaille avec assiduité, et tant il est enthousiaste, qu’il ne peut s’empêcher de vous en donner plus.
 

La petite leçon de malgache de monsieur Frank

Nos premiers mots malgaches sont évidement :
Bonjour Monsieur (ou Madame): manaon tompoko (mannounne toumpouk)
Merci : misaotr (misotch)
Au revoir : veloma (vélum)
comme vous pouvez le voir, la dernière voyelle est muette.

Ant veut dire : ici, un lieu.
Tanana signifie ville ou village
Et Arivo est le chiffre mille.
Ainsi Antananarivo veut dire : ici la ville des mille
Faisant allusion à un fait historique : lors de la prise ville, le roi conquérant envoya mille soldats qui vainquirent, et il les remercia ainsi.

Je vois que vous commencez vous aussi à locuter le malgache, voici donc un petit exercice pour la semaine prochaine, traduisez  : Antsiranana.
C’est la destination que nous avons choisit pour entamer nos aventures et entrer dans le vif du sujet.

À bientôt