Ma cabane au Guatemala

Les cousins voyageurs en Amérique centrale en 2005

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Livingstone

 Livingston est une enclave Rasta au Guatemala indien. C’estun petit village caraïbain, cerné par une jungle de palétuviers,Il est accessible uniquement par la mer, mais surtout ce coin perdu est peuplé deblacks descendants d’esclaves rescapés du naufrage de galions espagnols,puis mélangés aux indiens arawaks, ce sont les garifunas.( Jean et Frank : des branleurs !)
 Pélican
 C’est vers eux que les deux compères ont immédiatement été attiré, car ils sont hâbleurs, drôles mais aussi embrouilleurs. Ça,il leurs faudra le découvrir.
Leur idée était de louer une lancha (une barque) piloté par un rasta, pour aller à Playa Blanca (pemière plage paradisiaque), et mettre la bobine du black en boite.
Mais qui embobine qui ?
C’est ce que l’on va voir.

Étaient prévus dans l’expédition, coté touristes, Frank, l’appareil photo, la caméra et Jean, et coté black, Moïse, un grand déjanté, qu’ils avaient rencontré la veille. Il était tombé de son vélo devant eux, le capitaine, Alexandre (autoproclamé " the great "), un black évidement, avec des dreads tirées sur le crâne et une paire de lunettes chromées, dans lesquelles on peut se voir douter de ses incessants bobards, et un troisième larron, un garifunien parti vivre à New York et revenu, pour profiter du climat local, plus propice à la fainéantise, que la grande pomme.
À propos de pomme, les cousins ne tenaient pas à en être de bonnes. Mais les devoirs multimédias imposent de prendre certains risques, le tout est de bien les cerner.

Au matin de la date fatidique, ils doutent. Ils ne sont plus très sûr de la pertinence de cette entreprise. Au petit-déjeuner, la patronne de l’hôtel passe une deuxième couche. Elle les prend à part et dit « los morenos, no son de confiance », (prenez garde aux blacks, ils sont véreux) jusque là rien de nouveau, mais ensuite elle emploie un autre mot, « molestar* », que ne connaissant pas, ils traduisent un peu facilement par molester, agresser.
Et là ça devient un peu plus inquiétant.
Réunion de crise dans la chambre.
-On est pas sûr de nos lascars, faut être vigilant.
-De toute façon, faut toujours l’être, ça ne change rien.
-Oui mais sur la lancha ils seront trois et nous deux. Y’a risque de se faire agresser, voir plumer. Et j’ai pas envie de me faire piquer le matos.
-Alors on y va pas !
-Non ! On est ici, pour vivre des aventures, sinon on serait au club.
-Alors on y va, mais sans matos.
-Pareil, si on amène rien ça sert à rien d’y aller, de plus si on ne veut pas faire courir de risques au matériel, on film des baptêmes et on va pas au Guate.
-Donc, on prend le minimum, juste la caméra. Comme ça, si on se fait plumer, on ne se retrouvera pas nus. Et puis de toute façon on reste sur nos gardes.
-Ok et à l’abordage.

* molestar signifie déranger gèner, donc rien à voir avec une agression.

 Livingstone
 Un Garifuna jouissant d’un repos bien mérité, à savoir fumant la cigarette qu’il vient de taxer.
 À peine arrivé au rendez-vous le capitaine demande encore du blé pour les courses. Hier il a déjà eu un acompte pour le bateau. Méfiants, ils l’accompagnent faire les achats. Il a un caleçon sous un short de surfeur, qui lui arrive sous les fesses, et marche d’un pas chaloupé, genre “à la cool“, de plus il ne cesse jamais de parler, pensant certainement les endormir. Sur le chemin, il apostrophe tout le monde, genre la star promène ses pigeons.
Des pigeons, certainement, mais de plus en plus suspicieux. Il les emmène voir un autre garifuna, qu’il présente comme le capitaine, et demande encore de l’argent. Les pigeons craquent. Aprés avoir consulté Frank, Jean vide son sac. « Hier tu nous as présenté un capitaine et son bateau. Ils sont où ce matin ?
J’en ai plein le cul de tes bobards ! Y’en a marre. On laisse tomber ! On arrête tout. » Le black est surpris, il tente de discuter. « Non, on ne te croit plus. On ne veut plus avoir affaire à toi et tes potes. On se casse. Adios. »
Ce qu’il y a de cool dans leur association, c’est qu’ils sont toujours d’accord. Quoique décide l’un, l’autre suit. Mais plus, lorsque l’un fonce un peu trop, l’autre temporise. Ils foncent, mais prudemment. Ils forment donc une bonne paire.
( Frank : deux couilles oui. - Jean : Non, de couillons ! )
De retour au port, un métis leur propose la même prestation, à un prix à peine supérieur. Mais surtout, tout y est simple et clair. Tant pis pour le garifourien et la boite.
« Nous avons bien ri, mais maintenant nous sommes fâché avec la moitié noire de la ville.»
 Frank Dans son hamac
 Frank se remet péniblement de ses aventures garifuniennes
 Qu’importre, reste l’autre moitié de la ville !
Les deux cousins explorent donc the other side of Livingston, à savoir la colonie des back-packers et autres expats. (Frank : On veut draguer des gonzesses. - Jean : À l’étranger les contacts sont trop faciles, surtout avec les jolies filles. ) Au seul bar équipé d’un comptoir, ils font la connaissance de la societé Livingstonienne, Noémie la barmaid, canadienne revenue définitivement, Jérôme pilote d’avion pour des missions archéologiques ou autres, Patrice, ex-trafiquant de drogue reconverti dans la bijouterie, qui avoue gagner moins mais vivre mieux qu’en Suisse, Manon rasta teutonne et voyageuse solitaire, Andrea extra-terrestre de Suisse, ni fumeuse ni buveuse, Raoul un jeune ladino, joyeux flambeur, et bien d’autre encore.
Rapidement ils étaient à tu et à toi avec tous. Après la fermeture du bar, la fête continue dans une marina appartenant à la famille de Raoul, ils y sont conviés. Ils partent donc sur une lancha sur-motorisée. La soirée est cool, bavardages, pétards et bières. Au fil des conversations, quelqu’un leur glisse : « Raoul est le fils d’un mafieux. » Ils s’en foutent ! Sur le chemin du retour, Raoul, apprenant qu’ils partent au Bélize, propose de les y amener. Mais, est-ce les vapeurs de l’alcool, la parano de la fumette, ou simplement l’expérience, ils déclinent l’offre. Un mafieux, sur un bateau hyper rapide, en zone de trafics. Ils n’ont pas envie de servir de couverture à du transport de drogue. Nous ne sommes pas des mulets !
 Jean Dans son hamac
 de la difficulté de vivre sous les tropiques et particulièrement à Playa Blanca.
 Frank, Jean et leurs gueules de bois, partent en transports en communvers Puerto Barrios, puis Punta Gorda au Bélize. À la douane ils tombent sur Raoul. En plein jour, il ressemble plus un gamin rieur et gentil, qu’au bandit qu’ils avaient imaginé. Il réitère sa proposition, que maintenant, la frontière passée, ils acceptent sans craintes. D’un coup de lancha ils débarquent avec deux joursd’avance à Placencia.
Si le monde a un trou du cul, nous l’avons trouvé, c’est Placencia ! ( Jean : j’en connais d’autres.) Un village de cabanes en bois sur une langue de sable planté de cocotiers, et l’ennui...
 en route vers Placencia
 Raoul avec son rasta-pitaine.
 Car i ci y’a rien faire.
Qu’importe ! Il fait de toutes façons trop chaud pour faire quoi que ce soit.

Faire étant impossible, il ne leur restait qu’à être...Être des légumes en hamac...
Mais quel bonheur de s’y balancer mollement, rafraîchis par l’air que génère ce mouvement, en attendant la fraîcheur, et le départ vers Tobacco Cay